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Est-ce qu’un cheval est heureux dans un box ?

Temps de lecture : 2 min
image en noir et blanc de chevaux dans leurs boxes qui se font face
© Travel Photographer / StockSnap

Le box individuel pose question quant au bien-être des chevaux.

➡️ Précision : plutôt que le terme “heureux”, nous préférerons utiliser le terme “bien-être”.
Le bien-être d’un animal est établi en fonction des 5 libertés individuelles de l’animal publiées à l’origine en 1979 par le Conseil britannique sur le bien-être animal, reprises par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) et approfondies par l’Union Européenne qui a mis en place un outil d’évaluation, le Welfare Quality®.
Cependant, son application n’est pas toujours simple à mettre en place ni adaptée à toutes les espèces, comme le cheval, ce que relève l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE).

Le box : un hébergement restrictif non adapté

Pour garantir le bien-être du cheval, comme pour tous les autres animaux d’ailleurs, il est nécessaire que ses conditions de vie se rapprochent le plus de son mode de vie dit “naturel”.

Trois choses à prendre en compte sur les chevaux :

  • le cheval est très souvent en mouvement permanent, il parcourt environ une quinzaine de kilomètres par jour ;
  • il broute environ 15 à 16 heures par jour en se déplaçant, et développe sa réflexion pour rechercher activement sa nourriture et apprendre où la trouver. Dans un box, celle-ci est présente toujours au même endroit.
  • il s’agit d’un animal grégaire qui vit habituellement en troupeau, et il a donc besoin de contacts réguliers avec ses congénères. Dans son box, il est bien souvent seul et ne peut ni créer de lien, ni développer de compétences sociales, émotionnelles et cognitives, ni apprendre les codes propres à son espèce.

Aujourd’hui, 90 % des chevaux vivent en box individuels, y passant près de 16 heures par jour, selon Alice Ruet, ingénieure de recherche et développement “Bien-être des équidés” à l’IFCE. Ce mode d’hébergement s’explique notamment pour des raisons pratiques et par tradition.

En proportion, l’espace d’un cheval dans un box représenterait celui d’une poule sur une feuille A4.

Or, le box ne répondrait pas aux besoins des chevaux et pour causes : isolement social, restriction d’espace, privation cognitive et sensorielle. Selon la chercheuse en éthologie Léa Lansade, en proportion, l’espace du cheval dans un box représenterait celui d’une poule sur une feuille A4.

Delphine Debieu, vulgarisatrice scientifique sur le compte Instagram @ethologuedesdinos nous apprend que “les éthologues dénoncent depuis de nombreuses années les effets désastreux de la vie en box sur les chevaux : comportements dépressifs, pessimisme, stress, stéréotypies [des actions répétitives effectuées sans but apparent qui peuvent être liées à de la frustration, du stress ou un dysfonctionnement cérébral], agressivité, amoindrissement des capacités d’apprentissage, coliques, ulcères, problèmes musculo-squelettiques, etc.“.

En s’appuyant sur les 5 libertés individuelles de l’animal, on comprend que celles-ci ne sont pas respectées.

La solution : un environnement “enrichi” 🐎

Une étude comparative sortie en 2014 (téléchargeable) a analysé le comportement de poulains selon l’environnement dans lequel ils étaient logés (environnement “appauvri” : les poulains hébergés dans des boxes individuels et sortis trois par semaine en paddocks individuels et ne peuvent se côtoyer ; et environnement “enrichi” : ils vivent le jour dans de plus grands boxes individuels et sortent la nuit au pré et en groupe).

Les résultats montrent que l’environnement “enrichi” permet de diminuer la peur, la réactivité au contact de l’être humain et la sensibilité tactile. De plus, les poulains montrent une meilleure compréhension de leur environnement et plus de curiosité.

Comme l’avancent les différentes chercheuses et leurs études que nous avons citées, il est nécessaire de réfléchir à un aménagement de l’environnement des chevaux.

Certaines pistes sont proposées pour enrichir l’environnement du cheval :

  • augmentation du temps de recherche de la nourriture en se renseignant sur les dispositifs, variation du type de fourrage ;
  • ajout de stimulations sensorielles non anxiogènes à adapter à chaque cas: diffusion de musique, nouveaux arômes, ajouts d’objets variés en les changeant régulièrement ;
  • enrichissement cognitif : cacher la nourriture ;
  • maximisation des relations avec les congénères : permettre aux chevaux de se retrouver quotidiennement ensemble.

Bien qu’il y ait une réglementation et une définition acceptée à l’échelle mondiale du bien-être animal, les conditions actuelles de détention des chevaux ne permettent pas de satisfaire leurs besoins. Considérant que les chevaux restent des animaux très appréciés, cela met en évidence l’écart entre les responsabilités que nous nous reconnaissons et notre niveau d’engagement à les assumer.

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